De nouvelles règles PAL aux Pays-Bas à partir de 2026 modifient l'étiquetage des allergènes.

Découvrez ce que les entreprises alimentaires belges doivent faire pour éviter la contamination croisée.

Depuis le 1er janvier 2026, les Pays-Bas appliquent des directives plus strictes en matière d'étiquetage PAL (présence fortuite éventuelle d'allergènes due à une contamination croisée) sur les étiquettes. Les Pays-Bas souhaitent ainsi franchir une étape importante en matière de protection des consommateurs. Les avertissements allergènes doivent désormais réellement signifier quelque chose : non plus une garantie juridique pour les producteurs, mais un avertissement fiable fondé sur une analyse des risques.

Pour les consommateurs, cela renforce considérablement la fiabilité des informations sur les allergènes : les étiquettes deviennent plus claires, plus cohérentes et surtout plus pertinentes.

Pour les entreprises, cela représente une responsabilité accrue, mais aussi une opportunité de travailler de manière plus transparente et plus scientifique sur la sécurité alimentaire.

 

Qu'est-ce qui change dans l'étiquetage PAL aux Pays-Bas ?

 

Quels avertissements sont encore autorisés ?

Seules deux mentions restent autorisées pour les allergènes susceptibles d'être présents involontairement dans votre produit : 

  • Peut contenir des traces de …
  • Ne convient pas aux personnes allergiques à …

Ces mentions ne peuvent plus figurer sur l'étiquette :

  • Peut contenir des traces de ….
  • Fabriqué dans une usine où … est également transformé.
  • Peut provoquer des réactions allergiques chez ….

 

Pourquoi de nouvelles valeurs de référence (ED05) s'appliquent-elles au PAL ?

Le PAL n'est autorisé que lorsqu'une analyse des risques démontre que la valeur de référence est dépassée. Les nouvelles valeurs de référence reposent sur l'approche dite ED05 : une méthode scientifique qui calcule la quantité d'allergène nécessaire pour qu'au maximum 5 % de la population allergique puisse présenter des réactions légères. La législation s'inscrit ainsi dans une approche fondée sur le risque et scientifiquement étayée. Ces valeurs de référence sont souvent plus élevées que les anciennes normes. Cela signifie qu'un produit ne doit porter un avertissement que lorsque la teneur en allergène dépasse un seuil plus élevé.

 

Que doivent faire les entreprises alimentaires belges ?

En Belgique, le règlement européen (UE) n° 1169/2011 (FIC) reste d'application. Ce règlement européen impose aux producteurs de mentionner clairement les 14 allergènes majeurs lorsqu'ils sont présents en tant qu'ingrédients. Le règlement dit peu de choses sur les avertissements volontaires tels que « peut contenir des traces de ». C'est pourquoi il n'existe toujours pas d'approche uniforme au sein de l'Europe. En Belgique, les precautionary allergen statements (PAL) sont encore souvent utilisés aujourd'hui, parfois par précaution, pour limiter la responsabilité ou parce que certains processus restent trop complexes.

Même en l'absence de législation européenne ou belge spécifique sur le PAL, il est judicieux d'agir dès maintenant. Toute entreprise vendant des produits sur le marché néerlandais devra elle aussi démontrer que ses avertissements allergènes sont justifiés.  

Le changement le plus important ne se situe pas sur l'étiquette, mais à l'usine. La question centrale devient : avez-vous fait tout ce qui était possible pour prévenir la contamination croisée par les allergènes ?

 

Étape 1 : la prévention comme base

La responsabilité commence par la prévention de la contamination croisée. Il s'agit d'une obligation légale de moyens découlant de la règle de base en matière d'hygiène (règlement UE 852/2004) et constitue le cœur des directives.

Les mesures préventives comprennent :

  • Séparation des matières premières et des produits en fonction de leur profil allergénique. Cela peut se faire physiquement (zones, lignes ou stockage distincts) ou dans le temps (séparation de production et nettoyage entre les campagnes de production).
  • Adaptation des recettes afin d'éviter les allergènes lorsque cela est possible.
  • Sélection des fournisseurs et des matières premières sur la base d'informations fiables relatives aux allergènes.
  • Adaptations techniques des équipements ou de l'agencement afin de minimiser le transfert via les surfaces, l'air ou les équipements.

 

Étape 2 : information et gestion des matières premières

Il est essentiel de disposer d'informations complètes et à jour sur les allergènes présents dans les matières premières, les additifs et les auxiliaires technologiques et de procédé. Ces informations doivent indiquer quels allergènes peuvent être présents (y compris la contamination croisée provenant de la chaîne).

Pour permettre une évaluation quantitative des risques, des informations sur la quantité d'allergène sont nécessaires. La contamination croisée est de préférence exprimée en mg de protéine de l'allergène par kg de matière première. Cela concerne une contamination homogène.

Ces informations doivent être régulièrement mises à jour et révisées, par exemple au moins une fois tous les trois ans ou en cas de modification du produit.

 

Étape 3 : séparation dans l'espace ou dans le temps

La séparation physique des flux de production présentant des profils allergéniques différents constitue l'une des barrières les plus efficaces contre la contamination croisée. Lorsque la séparation physique n'est pas réalisable, une séparation dans le temps s'applique. Dans la mesure du possible, planifiez les productions par ordre croissant d'allergènes.

 

Étape 4 : nettoyage et validation

Un plan de nettoyage seul ne suffit pas. Le nettoyage doit être validé. Cela signifie démontrer qu'après le nettoyage, les résidus d'allergènes restent maîtrisés dans les pires scénarios possibles. La validation comprend notamment :

  • définir les méthodes de nettoyage et leur fréquence ;
  • prélever des échantillons dans les situations les plus critiques (teneur élevée en allergènes -> vers un produit sans allergènes) ;
  • appliquer des méthodes d'analyse adaptées à la détection de traces ;

Les équipements, moyens de transport et/ou récipients qui ont été utilisés pour des substances ou produits provoquant des allergies ou intolérances ne peuvent pas être utilisés pour des denrées alimentaires sans ces allergènes, sauf s'ils ont entretemps été nettoyés et contrôlés afin de vérifier l'absence de résidus visibles. Planifiez ces moments de nettoyage et enregistrez-les.

 

Étape 5 : évaluation des risques

Après la mise en œuvre des mesures préventives, il est essentiel de réaliser une évaluation des risques distincte pour chaque allergène. Toutes les sources de contamination croisée sont additionnées (informations relatives aux matières premières + processus propre) et comparées au seuil de sécurité (dose de référence ED05) et à la taille de la portion consommée.

 

Prêt pour la législation PAL plus stricte ? Prévenez les risques grâce à une politique allergènes solide

Les nouvelles règles PAL applicables aux Pays-Bas à partir du 1er janvier 2026 montrent clairement que les avertissements allergènes tels que « peut contenir des traces de » ne sont plus facultatifs. Seules les mentions scientifiquement étayées sont désormais autorisées, fondées sur une évaluation des risques selon les valeurs de référence ED05. Cela signifie que les entreprises alimentaires doivent non seulement adapter leurs étiquettes, mais surtout renforcer l'ensemble de leur gestion des allergènes et prévention de la contamination croisée.

Les producteurs belges ont eux aussi tout intérêt à se préparer dès maintenant, en particulier s'ils exportent vers les Pays-Bas. En misant sur la prévention, une information correcte sur les matières premières, la séparation des processus, un nettoyage validé et une analyse des risques étayée, vous construisez un système de sécurité alimentaire transparent et fiable.

Vous souhaitez avoir la certitude que votre entreprise répond aux dernières attentes en matière d'étiquetage des allergènes, PAL, et prévention de la contamination croisée ? C'est le moment idéal pour revoir votre analyse des risques allergènes et vos mesures de maîtrise.

Besoin d'aide pour votre analyse des risques allergènes ou votre politique PAL ? 

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