De plus en plus d’infractions de sécurité : les dangers pour les aliments pour animaux
Les aliments pour animaux doivent répondre à des normes de qualité et de sécurité strictes. Non seulement pour le bien-être animal, mais aussi pour la sécurité de notre propre alimentation. Les chiffres de l'Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire (AFSCA) et du système européen Rapid Alert System for Food and Feed (RASFF) montrent encore trop d'infractions. Dans ce blog, nous abordons les principaux risques à travers les questions suivantes :
- Quel est le principal point sensible pour les aliments pour animaux en Belgique ?
- Quels contaminants chimiques sont les plus fréquents ?
- Quel est le top 5 des dangers les plus fréquents en Europe ?
- À quels nouveaux dangers faut-il être attentif ?
De plus en plus d'atteintes à la sécurité : les dangers pour les aliments pour animaux
Les aliments pour animaux sont essentiels dans la chaîne alimentaire. Non seulement pour le bien-être animal, mais aussi pour la sécurité de notre propre alimentation. Les aliments pour animaux doivent donc répondre à des normes strictes de qualité et de sécurité. Les chiffres de l'Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire (AFSCA) et du système européen d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) montrent chaque année encore trop d'infractions.
Nous examinons les chiffres 2023 de l'AFSCA ainsi que les chiffres 2023 et 2024 du RASFF. Nous y détaillons également les principaux risques.
Quel est le principal point sensible pour les aliments pour animaux en Belgique ?
Le danger le plus fréquent en Belgique concerne les étiquettes incorrectes sur les aliments pour animaux, et en particulier sur les aliments composés. À l'échelle mondiale aussi, l'étiquetage incorrect figure parmi les cinq dangers les plus fréquents. Rien qu'en 2023, l'AFSCA a signalé :
- 214 avertissements, dont 142 pour des erreurs d'étiquetage
- 44 procès-verbaux, dont 30 concernant l'étiquetage
Un étiquetage correct est essentiel. L'étiquette présente des informations exactes sur la composition, les usages prévus et la présence de certaines substances. Ces informations sont indispensables pour une utilisation sûre des aliments pour animaux.
Quels contaminants chimiques sont les plus fréquents ?
Outre l'étiquetage, les contaminants chimiques constituent également un point d'attention. Les dioxines, PCB, résidus de pesticides comme l'ambroisie dans le millet et l'acide cyanhydrique dans le lin sont les plus fréquemment détectés.
Salmonella et les entérobactéries forment le plus grand groupe de dangers microbiologiques. La salmonelle apparaît surtout dans les matières premières et les aliments composés. Les entérobactéries se retrouvent souvent dans les aliments composés. Ces contaminations peuvent avoir de graves conséquences tant pour la santé des animaux que pour celle des personnes.
Un risque de plus en plus présent dans les aliments composés ces dernières années concerne les organismes génétiquement modifiés (OGM). Il peut s'agir d'OGM interdits ou d'OGM non mentionnés sur l'étiquette. Malgré les contrôles, ces substances restent régulièrement présentes.
Quel est le top 5 des dangers les plus fréquents en Europe ?
Au niveau international, le système RASFF offre une vue d'ensemble des dangers transfrontaliers. L'étiquetage incorrect y est également fréquent, mais la plupart des signalements concernent des dangers microbiologiques.
Le top cinq des dangers les plus fréquents est :
- Moisissures
- Aflatoxines
- Salmonelles
- Entérobactéries
- Erreurs d'étiquetage
Les chiffres de 2023 et 2024 montrent qu'il y a eu plus de signalements que les années précédentes. La plupart des signalements concernent des matières premières, plus précisément la pulpe de betterave, la farine de tournesol et le son de blé.
En 2024, la plupart des dangers provenaient de France, en 2023 d'Ukraine. La Belgique est le pays qui fait le plus de signalements. Cela s'explique surtout par l'importance de la transformation et le grand nombre de contrôles dans notre pays.
Un point d'attention dans les rapports RASFF concerne la présence de pesticides. Le chlorpyrifos a été détecté à plusieurs reprises, tout comme les dioxines, les PCB et l'ambroisie. Une tendance également observée par l'AFSCA.
À quels nouveaux dangers faut-il être attentif ?
Ces dernières années, le nombre de signalements concernant des « dangers étranges » dans les aliments pour animaux augmente. Il s'agit de substances inconnues ou inattendues qui se retrouvent parfois dans la chaîne par contamination ou par fraude. Ces dangers ne sont pas encore connus ou repris dans les études HACCP des entreprises.
Les « substances étranges » sont naturellement présentes dans les matières premières et provoquent ensuite un effet nocif :
- La microcystine se retrouve dans le poisson. Il s'agit d'une substance nocive qui constitue un danger pour la spiruline.
- La matrine est présente dans la poudre de Sophora. Cette substance nocive était présente dans la matière première, ce qui a conduit à son retrait du registre des matières premières (feed material register).
- Les glycoalcaloïdes des Solanacées (pommes de terre, tomates, aubergines). Une recommandation a été établie pour cette substance (2022/561). Bien qu'aucune règle légale n'ait encore été fixée à ce sujet, la vigilance reste nécessaire.
Fin 2024, un phénomène étrange a été mis au jour : le prétendu syndrome du loup-garou. Le comportement de chiens a changé après avoir mangé des mâchoires à mâcher spécifiques en provenance de Chine. L'affaire fait encore l'objet d'une enquête, mais le problème se situerait probablement au niveau des peaux elles-mêmes. Celles-ci étaient traitées en Inde et étaient contaminées par certains produits de traitement pouvant expliquer les changements de comportement des chiens.
Cette histoire montre à quel point il est important de surveiller en continu.
Les chiffres ne mentent pas. Les contrôles, la sensibilisation et la traçabilité dans le secteur des aliments pour animaux restent indispensables. Un effort supplémentaire concernant un étiquetage correct semble un petit changement, mais peut déjà faire une grande différence. La vigilance et la transparence sont essentielles pour protéger les animaux et les personnes.