Le Parlement européen a autorisé en juin 2021 l'utilisation de farines animales et d'insectes comme aliments pour animaux. Qu'est-ce que cela signifie concrètement pour les producteurs d'aliments pour animaux ?

Farines animales et d'insectes

Commençons par clarifier les choses : les farines animales désignent les sous-produits issus d'animaux abattus.

Sous-produits ? À quoi cela correspond-il ? Les os, les intestins et le plasma sanguin en sont tous des exemples. Ces sous-produits sont broyés pour obtenir une farine (donc sous forme de poudre), utilisée comme ingrédient dans les aliments pour animaux. Pensez par exemple à la farine de sang ou à la farine d'os. Il existe également ce qu'on appelle l'huile d'insectes, un terme qui ne laisse guère de place à l'imagination : de l'huile fabriquée à partir d'insectes finement broyés. Les deux produits peuvent désormais à nouveau être utilisés dans l'alimentation animale.

 

Vaches folles

L'huile d'insectes évoquée plus haut est déjà sur le marché depuis un certain temps, mais ce n'est pas le cas de la farine d'insectes. Tout comme l'utilisation de farines animales, celle-ci a longtemps été freinée. Pourquoi ? Les résidus animaux et d'insectes broyés ont suscité une certaine controverse. Certaines personnes considèrent leur consommation comme une forme de cannibalisme.

Par ailleurs, les farines animales souffrent d'une mauvaise image en raison de la crise de l'ESB de 2000, plus connue sous le nom de maladie de la vache folle. Cette maladie est causée par de petites protéines qui infectent le cerveau des bovins. Une cause possible en est l'utilisation de farines animales (très riches en protéines). Leur utilisation a donc été interdite au niveau européen après la crise. Un tournant crucial dans cette histoire est qu'il est aujourd'hui, en 2021, effectivement possible de démontrer que la protéine animale ne provient pas de bovins, grâce à des tests spécifiques. Risque d'ESB ? Pratiquement nul. Une excellente nouvelle, mais nous restons vigilants : convaincre le marché reste et demeure crucial.

 

Une histoire de bêtes

Il existe évidemment des restrictions claires concernant le processus de production des farines animales. Dans l'alimentation des poulets, par exemple, on peut utiliser de la farine animale issue de porcs, mais pas de poulets. Une distinction claire entre les deux flux de production sera donc nécessaire. Aux Pays-Bas, cela se pratique déjà depuis un certain temps, avec succès, mais on y retrouve le même point sensible. Le marché doit accepter l'utilisation des farines animales. Le Royaume-Uni doit encore être convaincu, et l'Allemagne n'a pas non plus encore franchi le pas. L'appel à l'indépendance vis-à-vis de l'importation de matières premières protéiques reste toutefois, à juste titre, séduisant. Pas seulement pour l'Europe d'ailleurs, mais à l'échelle mondiale.

 

Agriculture circulaire

Qu'en est-il du coût ? Actuellement, les farines animales se retrouvent dans l'alimentation pour animaux domestiques ou pour poissons, des concurrents redoutables pour nos porcs et nos poulets. La farine animale est une matière première de très haute qualité, avec une composition optimale en acides aminés. Idéale comme ingrédient dans l'alimentation des jeunes animaux, qui apprennent progressivement à digérer les sources de protéines. Le « recyclage » de la protéine animale transformée peut évidemment faire baisser le prix des aliments pour bétail. Attention : on dit bien « peut », car le prix dépend de nombreux facteurs.

En résumé, cette forme d'agriculture circulaire aura un effet positif sur notre économie, est bien entendu durable (un mot qui résonne comme une douce musique aux oreilles de tous), et présente potentiellement un intérêt sur le plan des coûts. Que demander de plus ?

 

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