Eau dans la production primaire végétale : quand pouvez-vous analyser moins souvent ?
Vous utilisez de l’eau pour laver, rincer ou trier des fruits et légumes sur le lieu de production ? La circulaire révisée de l’AFSCA relative à l’eau dans la production primaire végétale concerne alors votre entreprise. La version 2.0 date du 09/10/2026 et permet, pour certaines utilisations, de réduire la fréquence d’analyse. Qu’est-ce que cela signifie en pratique ?
Qu’est-ce qui change dans la version 2.0 ?
La circulaire relative à l’utilisation de l’eau dans la production primaire végétale (référence PCCB/S1/1829373) a fait l’objet d’une nouvelle version le 09/10/2026. Il n’y a pas de modifications majeures ou générales. L’AFSCA ajoute toutefois deux éléments pertinents :
- Moins d’analyses pendant et après la récolte : sous certaines conditions, vous pouvez réduire la fréquence d’analyse.
- Définition de l’eau traitée : une note de bas de page explicative précise ce que l’on entend par eau traitée.
La circulaire fournit des lignes directrices pour respecter les exigences d’hygiène relatives à l’utilisation de l’eau prévues par le règlement (CE) n° 852/2004 et le règlement (CE) n° 183/2005.
Moins d’analyses, à des conditions précises
Vous utilisez, pendant ou après la récolte, de l’eau non traitée provenant d’une source vulnérable à la contamination, comme de l’eau de surface, de l’eau de pluie récoltée ou de l’eau de puits provenant de couches peu profondes (< 10 m) ? Une fréquence d’analyse élevée s’applique alors : au moins deux analyses par saison.
Après trois années consécutives de résultats conformes, soit six analyses au total, vous pouvez ramener cette fréquence à une analyse par saison.
Pour quelles utilisations ?
L’assouplissement s’applique uniquement aux situations marquées de la note (b) dans le tableau 2 de la circulaire :
- Produits destinés à la transformation ou au marché du frais (annexe 1, partie A) : utilisation de l’eau pendant et/ou après la récolte, comme le dernier lavage et rinçage, le transport et le tri.
- Produits consommés crus ou prêts à être consommés (annexe 1, partie B) : lavage et rinçage des produits et du matériel d’emballage pendant et/ou après la récolte, à l’exception de la dernière étape.
Rien ne change pour la dernière phase après la récolte des produits consommés crus (par exemple le dernier rinçage ou lavage) : les exigences plus strictes relatives à une eau de qualité potable restent d’application. L’assouplissement ne s’applique donc pas automatiquement à toute utilisation d’eau.
Quand revenir à la fréquence normale ?
En cas de résultat non conforme ou de modification du risque, vous devez à nouveau appliquer la fréquence normale.
Une possibilité similaire existait déjà pour l’eau qui entre en contact avec la partie comestible des produits consommés crus avant la récolte : après deux années consécutives de résultats conformes (quatre analyses au total), vous pouvez y passer à une analyse par saison.
Que signifie « eau traitée » ?
La circulaire définit l’eau traitée comme une eau ayant subi un traitement physique, chimique ou biologique afin d’éliminer les impuretés et de la rendre apte à un usage spécifique. La désinfection en est un exemple.
Cette distinction est importante : si vous traitez l’eau provenant d’une source vulnérable, une fréquence moyenne d’au moins une analyse par saison s’applique au lieu de deux.
Que faire en tant qu’entreprise ?
Examinez votre plan d’analyse avant de modifier la fréquence :
- Source d’eau : quelle source d’eau utilisez-vous et pour quelles opérations ?
- Utilisation : votre utilisation relève-t-elle des situations marquées de la note (b) dans le tableau 2 ?
- Résultats : pouvez-vous démontrer trois années consécutives de résultats conformes ?
- Risque : le risque a-t-il changé depuis ces analyses ?
Notre conseil pratique : consignez la justification d’une fréquence d’analyse réduite dans votre système d’autocontrôle. Vous pourrez ainsi toujours expliquer pourquoi votre plan d’analyse est adapté à votre utilisation de l’eau.
De la ligne directrice à un plan d’analyse réaliste
Une fréquence d’analyse adaptée commence par une bonne connaissance de vos sources d’eau, de vos processus et de vos risques. Vous voulez savoir ce que cette mise à jour signifie pour votre entreprise ? AMNorman vous aide à élaborer concrètement votre évaluation des risques et votre plan d’analyse.